mercredi 27 janvier 2021

L'EMPEREUR

 

A l'orée de mes douze ans - et ce durant plusieurs étés, j'ai monopolisé le tourne-disque de ma grand mère, ainsi qu'une pile de disques hétéroclites. En ritournelle, les Compagnons de la chanson succédaient à Nana Mouskouri, les chants d'Europe centrale aux chansons à boire du folklore bourguignon, Gilles Douai à Beethoven. Le concerto pour piano n°5 dit de "l'Empereur" que dans mon enthousiasme j'avais affecté au petit corse, m'emportait dans son souffle épique. A l'époque le soleil d'Austerlitz m'apparaissait comme le décor indépassable de l'héroïsme et du génie militaire. Peut-être du génie tout court... Puis dans le creuset incandescent de l'adolescence, j'ai fondu d'autres musiques, d'autres lectures, d'autres idées moins martiales: Lupin, René Fallet, Jonasz, Mauriac, Saint-Exupéry, Manset, Ferré... J'ai changé sans changer vraiment. J'ai appris sur la surdité de Beethoven, le calvaire quasi christique, l'incapacité à l'amour conjugal, le caractère sombre, le neveu difficile... Je lui garde une admiration sans bornes. Celui là est mort en sachant qu'il laissait une musique éternelle, moderne... oserais-je dire -impériale ? En tout cas flamboyante : "Allegro ma non troppo".  

 

mercredi 20 janvier 2021

JEANNE, MA SŒUR JEANNE



La dernière Une de FM magazine nous interroge - " Jeanne d'Arc héroïne secrète de la franc-maçonnerie ? " Ses 100 ans de canonisation n'ont pas fait le buzz, mais Jeanne "la bonne lorraine" n'en finit pas de se métamorphoser et d'incarner les dogmes. Parti communiste dans les années 50, gauche sociale, droite traditionnelle chrétienne, extrême droite ces temps-ci... récupèrent le symbole patriotique et mystique dont la foi soulève les montagnes et les armées, résiste à l'ennemi (qu'elle boute hors de France !) et subit le martyr. Venue du peuple, au cœur simple, vierge mais côtoyant les hommes rudes, choisie par dieu, trahie, en proie au doute, jugée par le diable allié aux "godons", républicaine et royaliste qui dialogue avec les anges jusqu'à la mort infamante. Ah, oui j'oubliais !... jeune et gironde, Jeanne possède toutes les vertus pour un mythe. La FM aurait tort aujourd'hui ou hier de ne pas la revendiquer à son tour... Les temps sont durs ! Tiens, je vais aller me regarder le film de Luc Besson. Certaines scènes me donnent le frisson.

jeudi 14 janvier 2021

L'AFFAIRE DU SIÈCLE

"Toute pensée digne de ce nom aujourd'hui doit être écologique."               Lewis Mumford. ( Le livre de la machine)


samedi 9 janvier 2021

LA DISGRÂCE

La vie ne fait pas de cadeau. Pour illustrer cet aphorisme France 2 dévoile en fin de soirée cinq visages "disgracieux", en réalité abimés, mutilés, opérés, reconstruits, parfois effrayants, toujours dérangeants... 2 hommes + 3 femmes = 5 histoires de cancer de la face, de concert au Bataclan le mauvais soir, de maladie génétique, brûlure,  acide. Tous se livrent et posent dans un grand studio photo parisien. Les mots comptent. Ils se préfèrent difformes, différents que "dé-figurés " soit privés de figure. La leur ne leur plait pas, fait peur, les isole mais existe. On perçoit beaucoup de souffrance, de solitude, de volonté mais aussi beaucoup d'amour de la vie, de bonté et d'intelligence. On est dans le vrai -n'allez pas par convention leur parler de "beauté intérieure" qui ne ferait qu'égratigner les plaies... Alors - beauté, fortune, intelligence... visas de notre passeport pour le bonheur? Ne nous mentons pas.  Oui et plus encore dans nos sociétés d'apparence, de norme et d 'image où la cruauté des hommes reflète celle des miroirs ! Miroir, ennemi intérieur... Ceci évoquera une certaine soirée aux initiés.


jeudi 31 décembre 2020

LES DOLCINIENS

 "Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n'ont pas la foi, rien n'est pur.  Leur conscience et leur esprit même sont souillés"   Saint-Paul


L'église catholique n'a jamais trop aimé que l'on remette en cause le dogme officiel. Ainsi les Parfaits Cathares furent-ils brulés au pied de Montségur par le bon roi Saint Louis comme les Fraticelles et les Dolciniens jugés hérétiques furent poursuivis, torturés et passés au brasero... Fra Dolcino, instigateur du mouvement, qui mena une insurrection populaire en Italie du Nord vers 1300 -lui- fut castré, démembré  et ses restes ainsi que ceux de son épouse mis au bûcher.  Inspirée des préceptes franciscains, cette "hérésie" est évoquée dans le Nom de la Rose d'Umberto Ecco (mis en images par Jean Jacques Annaud) à travers les personnages du frère Remigio de Varagine et de son servant Salvatore, difforme, inculte et brassant les langues... "No lo sabe, Magnifico. Stupido"... qui souffle sur son brasier lors de son exécution. 

Pourtant - refus de la hiérarchie ecclésiastique, retour aux idéaux de pauvreté et d'humilité, refus du système féodal, organisation d'une société égalitaire y compris entre les sexes, de partage et respect mutuel, libérée de toute contrainte et tout assujettissement... Pas de quoi fouetter un moine. Non ? 

Allez les amis !    "Pénitenziagite". Bonne repentance à tous... et à l'année prochaine.






lundi 28 décembre 2020

LES MISÉRABLES

 


Avec ce roman Victor H.  tape très fort. A rebours de ses pairs il passe de la notabilité à l'idéalisme, du conservatisme à la république, de l'indifférence à la compassion. Le petit peuple ne s'y trompe pas qui en fait son héros, se reconnaissant en Valjean, Fantine,  Cosette, Gavroche, Fantine, Marius et peut-être aussi en Javert et Thénardier... Hugo, trop partisan de l'ordre, n'est pas prêt en 1848 à achever son roman épique, historique, social et romantique, entrepris sur fond de barricades des trois Glorieuses. Il lui faut l'exil de Guernesey, la proscription, le sentiment de l'accomplissement, peut-être le parfum de l'éternité... et les fantômes des soldats de l'an 2 du côté de Waterloo pour l'achever en 1865. Conscient d'accomplir un chef-d'œuvre l'écrivain en assure la promotion... Il y a toujours des misérables aujourd'hui mais quel idéal, quel récit les animent ? Qui est le peuple de France et quel est son Hugo ? Je n'ai pas la réponse.



lundi 21 décembre 2020

ĖCO-ANXIĖTĖ


























"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes".                                Bossuet.

samedi 19 décembre 2020

HOLD-UP ET LAURENT ALEXANDRE



En guise de bonus au phénomène automnal et complotiste: "Hold Up", je vous conseille la conférence de Laurent Alexandre à l'endroit des futurs cadres de la nation: polytechniciens, normaliens, centraliens (2019). A l'initiative de la très HEC Amélie de Monchalin, le créateur de Doctissimo vient exposer ses thèses trans-humanistes. Mais si, vous savez ! ... le mariage de l'intelligence artificielle et des biotechnologies, l'homme augmenté, parfait, immortel, les technologies numériques pour lutter contre la mort, la maladie, la souffrance, le handicap... théorisés par les gros QI: Luc Ferry, Jacques Attali, Elon Musk, Gertrude le cochon et sa puce dans le cerveau. Son envolée sur la classe supérieure à  la haute intelligence, le "capitalisme cognitif", l'ère de la nouvelle classe dirigeante face à la bêtise avérée des gilets jaunes à la traine pour 100 ans... vaut son pesant de "Soylent Green". Le millénariste affirme s'être fait piéger par Hold Up qui n'a retenu que quelques morceaux choisis. Faites vous votre idée. Offrez-vous la version longue. Enfin -moi- si je faisais Koh Lanta, j'aimerais autant ne pas être dans l'équipe de Luc Ferry, Jacques Attali et Laurent Alexandre. Côté débrouillardise je les sens pas trop...

"Avec le trans-humanisme, un nouveau paradigme religieux émerge: ce n'est plus le renoncement de l'athée qui se voit seul dans l'Univers, c'est l'affirmation fière de ce que l'homme peut tout faire y compris créer du vivant et se recréer lui-même"      Laurent Alexandre.





dimanche 6 décembre 2020

BASQUIAT

Au milieu des années 70, dans le New York déserté par les blancs, au bas des immeubles lézardés de Brooklin cernés de poubelles, une jeune génération cosmopolite et oubliée tente de renverser les codes esthétiques. Les graffitis envahissent les portes, les murs, les rames de métro à défaut d'intéresser les galeries.  Sous le pseudo de SAMO / "Same old shit" (en collaboration avec Al Diaz) Jean-Michel Basquiat jeune noir américain d'origine portoricaine et haïtienne invente un langage mêlant texte et dessins enfantins, graffitis de clandestins, gribouillis... Son itinéraire est classique: rue, galères, meublés, clubs de SoHo en pleine vague punk, hip-hop, rasta, et scène underground. Le succès se pointe, puis Andy Warhol qui se prend d'amitié pour le jeune homme. Le cocktail final n'est pas moins classique: succès, argent, alcool, drogue dépression, mort par overdose à 27 ans. Ne serait-ce que cela l'art ? Avoir sa place au soleil ? Basquiat a rejoint Hopper, Pollock, Rauschenberg, Lichenstein, Haring et quelques autres au cimetière des peintres américains qui n'ont pas changé le monde. Ses œuvres se vendent en millions de dollars, trônent au musée ou sur les murs des milliardaires. Toujours..." la même vieille merde" 


vendredi 4 décembre 2020

VGE ET LES ANNÉES 70

 


Comme les dinosaures VGE s'en est allé, inadapté au ciel obscurci, au sol mouvant et aux maladies d'un autre millénaire. Il aura marqué les années 70, celles de mes 18 ans, du bac, des copains, des boums improvisées et des virées en mob. Les trente glorieuses s'essoufflent, le pétrole manque mais pas les idées, le chômage flambe... L'homme à l'accordéon et à la particule rafle la mise en 74 - Ah, le monopole du cœur - et fait passer quelques lois courageuses sur la majorité, le divorce, l'IVG, la contraception... Homme à femmes, il sait ce qu'il leur doit. Puis il s'empêtre dans le tapis de la com : Giscard à la plage, Giscard fait du ski, Giscard fait du foot, Giscard s'invite chez les français avant d'aller chasser le  buffle en Afrique... jusqu'au départ raté. Voulant remiser le costume empesé de Pompidou et De Gaulle, il l'endosse à son tour. L'ambiance rallye porte de la Muette et loden à Sciences-po est à son comble. En 81 Le canard déchainé, les diamants, Coluche, Chirac et Mitterrand feront vaciller l'homme au grand front. Non, vraiment !... à 18 ans "jeune et giscardien" m'apparaissait comme l'horizon indépassable de l'oxymore. Reste aujourd'hui l'image touchante du vieil homme qui n'a pas compris le désaveu du peuple, vécu comme un affront et le sentiment d'une insouciance à jamais envolée. Tiens, je vais aller me réécouter pop-corn, Saint-Preux le "Jean Sébastien Bach des seventies",  prendre une bouffée d' Oxygène, brailler le chanteur avec Balavoine... et me finir avec Manset - qui dans ces années heureuses pose déjà comme postulat - On voyage toujours en solitaire.




mercredi 2 décembre 2020

ANNE SYLVESTRE

La Maumariée nous a quitté hier à 86 ans. Vous le saviez, vous qu'Anne Sylvestre avait écrit cette chanson - paroles et musique pour Reggiani ? Moi, je l'avais oublié. Quel jardin de fleurs nous fera oublier la belle noyée et son irrémédiable péché ? Une figure singulière de la chanson française s'en est allée rejoindre Trénet, Montand, Brassens, Brel, Higelin, Ferré, Vanderlove, Gréco, Barbara... Libre, elle a chanté les femmes, les gens qui doutent, les hommes et leurs travers, tout en les trouvant beaux et susurré des fables  aux enfants... Ne faites pas de bruit - petit loir, gentille marmotte. Chuuttt. Ne réveillez pas la reine qui dort maintenant  "... qui dort, cachée dans une grotte, un trou dans la terre... Entre des draps de mousse, elle dort tout en rêvant.  Elle dort, dort jusqu'au printemps ..."


mardi 24 novembre 2020

DOPAMINE



Si vous voulez comprendre pourquoi vous êtes accro à Facebook, Snapchat,  Youtube, Candy Crush, Tinder, Uber ou Instagram... Si vous voulez tout savoir sur la Dopamine -neurotransmetteur, molécule du plaisir, de la motivation et de  l'addiction: les huit petits sujets de huit minutes d'Arte France sont pour vous.  Followers, like, tchat, scroll and swipe, autoplay... seront vos amis. En quête de récompense sociale ou esthétique, de validation ou comparaison sociale, d' illusion de compétence, d'évaluation par le regard d'autrui, d' identification  au groupe... sous l'œil de scientifiques avisés, vous comprendrez pourquoi vous êtes entrés dans cette boucle sans fin de ciblage comportemental, d'algorithmes qui influencent vos émotions, de comptes non clôturables, de mouchard et de données personnelles qui enrichissent encore et encore les actionnaires réjouis de ces entreprises de réseautage. Vous serez toujours "addict", mais vous saurez pourquoi... Dopammmiiiinnnneeee


Ah! J'oubliais. N'oubliez pas de liker ce post !


samedi 14 novembre 2020

CHARLIE & ADOLF

Moustache carrée contre moustache carrée. En 38, 39 et 40 Chaplin écrit, tourne et sort son premier film parlant: "Le Dictateur "... A l'orée d'une guerre mondiale où les puissances craignent, admirent ou sont dans l'expectative face à un caporal autrichien monté en grade, l'ex gosse des rues de Londres choisit la satire. Dans le ghetto juif voué à l'extermination, le petit barbier amnésique est confronté à sa ressemblance avec le dictateur de Tomainia: Adenoid Hynkel.  (Ah! la scène du globe...) Celle ci le voue aux brimades de miliciens et le conduit à remplacer au bras levé son sosie dans un meeting politique. C'est la scène finale, l'une des plus puissantes que le cinéma ait produit. Six minutes d'humanité, d'universalisme et de mise en lumière de ce qui nous rapproche au delà des frontières, des cultures et des couleurs de peau.  Même Saint Luc est convié... Plusieurs morales possibles à cette fable. 1/ Les artistes ont toujours le dernier mot. 2/ Le rire est une arme redoutable, plus forte que la haine. 3/ Ce n'est pas la moustache qui fait l'homme, mais l'homme qui fait la moustache. De ces presque jumeaux  nés à quatre jours d'intervalle - Adolf l'avait oublié, Charlie le lui a rappelé...

"Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs...."   





samedi 7 novembre 2020

BEN MON COLON !


 
"La guerre mondiaux ça n'est pas bon, ça n'est pas bon ..." Pour mémoire, regardez en replay les deux volets du documentaire de France 2 sur la décolonisation : "Du sang et des larmes (Pascal Blanchard et David Korl-Brzoza). Entre les années 30, celles des dernières expositions coloniales au bois de Vincennes et les années 60, assistez à la lente décomposition de l'empire français. A peine sortie de la guerre et du nazisme, la France se voit immédiatement interpelée par ses colonies qui lui demandent des comptes pour le sang versé. Indochine, Madagascar, Afrique subsaharienne, Maghreb, Djibouti, Guyane, Antilles, Polynésie... réclament leur dû, leur dignité, leur indépendance. La République ne l'entend pas de cette oreille et bombe le torse. S'ensuivront 25 années d'espoirs déçus, d'humiliation, de violence,  de massacres et d'attentats en tous genres et de tous bords, d'acharnement politique, de mensonge, de revirement, d'abandons tragiques, de malheurs et de joie, de haine et d'amour réciproques. Coincé entre tabou et amnésie notre pays "universaliste" n'a jamais voulu regarder le sombre cliché de ces épousailles forcées. L'esclavage, la colonisation et la décolonisation ont laissé des plaies qui n'ont jamais vraiment cicatrisé. "On n'écrit pas l'histoire avec une gomme" dit une protagoniste algérienne. Tiens!  Je vais réécouter "Ancien combattant" de Idrissa Soumaoro -version Philippe Léotard.  Je vous laisse sur le message optimiste de cette chanson. Les premiers couplets sont plus sombres... 

"Semez l'amour et non la guerre mes amis
Tenons-nous la main dans la main
Jetez vos armes, jetez vos armes
Tenons-nous la main dans la main..."



vendredi 16 octobre 2020

JE CROIS LE VENT LES A ÔTÉS

  


"Que sont mes amis devenus, que j'avais de si près tenus et tant aimés... "Bien sûr vous avez reconnu les vers de Rutebeuf mis en musique par Léo Ferré en 1955 puis repris par une cohorte d'interprètes (Joan Baez, Ogeret, Léotard, Vaucaire, Auffray, Mouskouri...). Venus du moyen âge, ces vers en langue d'oil, la langue des trouvères, nous parlent du temps qui efface tout, des amis disparus, des amours mortes, de la difficulté de vivre. On ne sait rien du poète champenois au pseudonyme Rudeboeuf/boeuf vigoureux, à part qu'il était jongleur, sans doute clerc puisque connaissant le latin, et qu'il a vécu à Paris entre deux dates approximatives 1230 -1285. Certes la vie devait être rude sous le bonroisainloui, mais rien ne change vraiment sous le beau ciel de France. Entre fin de mois - fin du monde et Covid, masque au museau, sur la ligne B du RER, entre froid au cul quand bise vente, entre croisades modernes et vendeurs de crack, écrivez... avant que le vent sur le pas de la porte ne vous emporte. Pas si facile... Vos mots seront peut-être attrapés au vol par un poète dans quelques siècles pour faire partie du répertoire. Rien n'est moins sûr. La seule certitude ici, est que le génie est de toute éternité et que le français est une langue magnifique.



dimanche 11 octobre 2020

LA LANGUE DES OISEAUX

"Persévérez/ Percez et vous verrez." On connait le refrain favori de PB. Il manie alors la langue des oiseaux, le langage codé utilisé par les alchimistes, aussi appelé langue des anges, gaye science ou gay savoir selon Fulcanelli. Les adeptes d'ésotérisme utilisaient ce procédé à base de jeux de mots, d'anagrammes, de verlan, de rapprochement de sonorités, de séparation de syllabes, de symbolique des lettres, de graphie... dans un idiome phonétique pour semer le doute, dissimuler les informations ou entrainer le curieux dans une démarche personnelle.  Ainsi trépassé peut s'entendre/trois pas - La mort/l'âme hors - Maléfice/mâle et fils -Pyramide/pierre humide -I symbolise l'unité ou Dieu. En anglais "Wake up" peut évoquer Way cup ("lève toi" ou le chemin de la coupe")... etc. On ne connait pas exactement son origine. Si René Guénon la voit fille de la tradition islamique et de Salomon, d'autres la pensent issue du grec archaïque... Pourquoi ce nom de volatile ? Moi j'ai dit volatile ? Comme c'est étrange... On l'ignore. Peut être parce que dans le mot o.i.s.e.a.u.x aucune des lettres n'est utilisée à sa sonorité propre, ou qu'il contient presque toutes les voyelles, symboles de création. Pour ma part, je ne l'utilise pas. Préférant mille fois la précision d'un texte clair à sa version cryptée. Adeptes de fesse-bouc, amoureux de les-cris, ne m'en  tenez pas rigueur... Je ne tremperai pas ma plume dans cet en-crier là !


 



lundi 5 octobre 2020

THÉRÈSE DE LISIEUX

 


Impressionnants ces grands mystiques. Dans les années 80 Alain Cavalier nous offre "Thérèse". A travers quelques scènes épurées, inspirées des tableaux de Georges de La Tour et Philippe de Champaigne, le metteur en scène retrace les années de carmel de Thérèse de Lisieux, née Thérèse Martin (béatifiée puis canonisée en 1925). Don de soi, prière, silence, enfermement, soumission à l'autorité, abandon de sa féminité, acceptation de l'épreuve et de la souffrance... la jeune femme comme ses condisciples se marie à Jésus, rédige "Histoire d'une âme", théorise sa théologie de "la petite voie" et en pleine nuit personnelle de sa foi meurt en 1897 à 24 ans de la tuberculose après une agonie peu enviable. "Je ne meurs pas, j'entre dans la vie". Catherine Mouchet qui elle, entra dans le cinéma par ce rôle magistral de sainte (césar du meilleur espoir féminin) eut du mal à s'en remettre. Les voies du septième art sont aussi impénétrables...