vendredi 14 mai 2021

PRÉMONITOIRE

 


 "Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit.  J'entends par esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue le sabre est toujours battu par l'esprit."

Napoléon Bonaparte

mercredi 12 mai 2021

MURAT

 


Ces jeunes maréchaux qui mènent leurs hommes au combat participent de la légende napoléonienne. Ils se distinguent des états majors modernes planqués dans leur QG. Sabre au clair, ou cravache à la main, ils chargent sous la mitraille et pèsent eux-mêmes dans la décision par leur fougue et leur charisme. Murat est de ceux-là. Fils d'aubergiste sur le causse Gramat, il reconquiert ses galons aux côtés d'un certain Bonaparte le 13 vendémiaire en réprimant la révolte monarchiste au pied de l'église Saint-Roch. Les deux sont en disgrâce pour leur passé robespierriste (tombé un an plus tôt). Le sabreur tombera amoureux de la sœur de Bonaparte, Caroline âgée de 15 ans, puis s'illustrera à Austerlitz, Iéna, Eylau dans des charges décisives. Beau gosse, aux tenues extravagantes, excellent cavalier, combattant farouche il est adulé par ses ennemis et par les femmes. Les cosaques veulent le prendre vivant. Les femmes aussi... Fait roi de Naples par son beau frère avec qui il ne sera jamais intime comme Lannes ou Bessières, il engage des réformes dignes d'intérêt et est aujourd'hui encore vénéré des italiens. Garibaldi le chante comme "Le roi des braves et le plus brave des rois ". Voilà pour la légende dorée. La noire nous le dépeint en être impulsif, vaniteux, sans scrupules... et traitre à l'Empire après Leipzig. Rallié lors des Cents jours, il ne participe pourtant pas à Waterloo et s'en va se faire fusiller dans un petit port de Calabre avec panache. Ce "Fils de la Fortune" est un de ces êtres contrastés (franc-maçon comme la plupart des militaires de l'époque) à qui la Révolution et l'Empire permettent l'éclosion. "Carrière ouverte au talent".  Pas si mal comme programme...

samedi 8 mai 2021

IÉNA

 


Aucune guerre n'est "fraîche et joyeuse", aucune bataille n'est glorieuse sauf pour ceux qui ne les font pas. Mais, l'heure est à la commémoration. Arcole, Austerlitz, Waterloo... tout le monde connait. Iéna est moins célèbre. Pourtant, la défaite de la Prusse est "kolossale"... Elle nous le fera payer cher plus tard. Son armée professionnelle (180000 hommes) passe alors pour être la plus puissante d'Europe, héritière de  celle du grand Frédéric II. "Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Français" clament Frédéric-Guillaume III de Prusse et sa belle compagne Louise qui voient d'un mauvais œil ce petit général corse fonder la confédération germanique. Or leurs régiments sont dépassés, trop gros, trop lents, approvisionnés par des magasins, menés par de vieux généraux emperruqués... Bref ! Napoléon et sa clique de maréchaux aguerris de 37 ans (pour la plupart franc-maçons), son armée de conscrits mettent tout le monde d'accord le 1er octobre 1806 battant l'arrière garde, tandis que le véritable vainqueur Davout enfonce le clou à Auerstaedt à un contre deux. Un mois plus tard, l'armée prussienne est à genoux, tétanisant et fascinant l'élite et le peuple allemand... Ce sentiment ambigu entre modèle et repoussoir, saupoudré de francophobie et de libéralisme politique favorisera l'unité allemande. "Sans Iéna pas de Sedan" selon Bismarck. Or la guerre nourrit la guerre... sans Sedan pas de Verdun, sans Verdun pas de Hitler etc... Je livre à la perplexité de ceux que ce culte impérial exaspère ces deux citations. La première est de Hegel, inspiré  dans "sa fin de l'Histoire"  par le défilé des vainqueurs sous ses fenêtres /"J'ai vu l'Empereur -cette âme du monde- sortir de la ville en reconnaissance; c'est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré en un point, assis sur un cheval, s'étend sur le monde et le domine". La seconde gravée sur le monument au pied du champ de bataille est de Golo Mann (fils de Thomas) /"Pendant plus d'un siècle, l'Allemagne s'est nourrie d'une grande haine et d'une encore plus grande admiration pour Napoléon."  Goethe verra son entrevue avec l'empereur comme le "diamant de son orgueil". Décidément les intellectuels et les peuples sont complexes. 


mardi 4 mai 2021

C'EST LA LUTTTEUUUU FINALE


 

 


 

               "Les individus ne constituent une classe que 

            pour autant qu'ils ont à soutenir une lutte contre 

            une autre classe. Pour le reste, ils s'affrontent 

            en ennemis dans la concurrence "     Karl Marx.

samedi 1 mai 2021

QUESTION POUR UN NAPOLÉON

 


Le  Petit Tondu ne laisse pas indifférent. Glorieux pour certains, désastreux pour d'autres... visionnaire par l'organisation moderne du pays qui met un terme à la terreur révolutionnaire tout en conservant les acquis de conscience et de propriété, instigateur du code civil, des préfectures, du baccalauréat,  vainqueur d' Arcole, Marengo, Austerlitz... ou tyran après un coup d'état, fomenteur de guerres incessantes, misogyne à la vision clanique, qui rétablit l'esclavage, l'état policier,  vaincu de la Bérézina, Leipzig, Waterloo qui réduit le pays après l'Empire... Ce débat à mon sens est vain puisque l' analyse de cette "aventure" se fait  hors champ de la société, de l'époque et d'évènements qu'une alchimie politique ont rendu possible. Une autre question me turlupine. Pourquoi ce petit général Corse, ayant réussi à se hisser sur le toit de l'Europe, fascine t-il toujours autant de nos jours, y compris dans des pays dont il n'a pas bousculé l'histoire, en Asie par exemple? Que véhicule son épopée ou sa relecture, pour que des génies romantiques comme Hugo, Balzac, Vigny (même Beethoven un temps) aient été  fascinés par ce nouvel Alexandre? Sans doute l'ambition personnelle, la destinée, la chance saisie au delà du déterminisme social, l'écriture de sa propre histoire superposée à une page singulière de la nôtre, une communication sans faille, la liberté, la jeunesse, la gloire, l'aventure teintée d'exotisme, la virilité à cheval, la soif de pouvoir, la mise au pas des puissants par son génie militaire, la chute, l'exil, la mort en martyr, une légende orchestrée... sont-elles des amorces de réponse. Napoléon, l'homme au "bicorne en bataille", dernier César épique, archétype de notre inconscient collectif nous renvoie à notre propre récit, à notre ambiguïté et à nos mornes aspirations. 

PS: Le débat s'il s'installe ne portera pas sur la comparaison avec un autre caporal dont les rêves monstrueux et racistes finirent eux-aussi en Russie... Merci d'avance.