mardi 14 novembre 2017

LES ROIS EN RUT




Louis XIV (avant lui Henri IV) et son arrière petit fils Louis XV aimèrent la guerre et les châteaux mais apprécièrent aussi la gaudriole, les seins pommelés, les rubans  et les petits soupers. Le premier se sépara de Louise de La Vallière qui rentra au couvent,  fut tiraillé entre  Montespan et Maintenon, qui se crêpèrent hardiment le chignon  " à La Fontange" du nom d'une autre de ses maîtresses. Elles lui compliquèrent l'existence à coup de poisons et de Parti des Dévots. Le second aima jusqu'au bout La Pompadour (pourtant peu encline à la bagatelle), culbuta quatre des cinq sœurs Nesle et quelques centaines d'autres créatures désirables. Mais il le fit dans la souffrance. Le sexe en ce temps là était compliqué Il fallait mener vie exemplaire, assouvir ses appétits tout en apaisant les affres de sa débauche. Le châtiment divin faisait encore peur à l'horizon de l'existence. Dieu, son administration, le peuple vertueux ne voyaient pas d'un très bon œil les turpitudes du souverain et les dépenses somptuaires accordées aux courtisanes style Du Barry. Mais en définitive le seul à qui le peuple -devenu souverain coupa le sifflet, fut le regretté Louis XVI. J'ose espérer qu'il ne lui fit pas payer une sexualité trop paisible ? Les Français sont décidément imprévisibles...

samedi 28 octobre 2017

LE MARIAGE BOURGEOIS




Tout est affaire de code. Les francs-maçons ne vous diront pas le contraire.... Cela permet de se reconnaitre, et autorise l'entre soi. Le mariage bourgeois n'échappe pas à la règle. Voici quelques conseils pour réussir un bon mariage bourgeois. Munissez vous de deux familles de même appartenance - aisées de préférence, et de deux tourtereaux de l'année. Préchauffer la chapelle romane du XIIème siècle. Superbe. Blanche. Templière - thermostat 12. Lors de la cérémonie arrosez abondamment l'assistance de "divin" à l'aide d'un sermon de haute tenue et de quelques chants célestes. N'oubliez pas la promesse scoute et les pétales de rose sur le parvis. Agrémentez de militaires en grande tenue, de demoiselles d'honneur habillées façon "Triplé(e)s du Fig-Mag" et la messe sera dite (par le prêtre de la famille) ... l'union  bénie par le ciel. Mais déjà la terre vous attendLa propriété campagnarde est belle sans être ostentatoire. Champagne, petits fours et jeunes serveurs stylés à la mise impeccable vous accompagnent lors du cocktail. Retrouvailles, conversations... Il est bientôt l'heure de se mettre à table. Placés. Tables rondes. Bons vins. Quatre verres. Chapiteau immaculé. L'acoustique est déplorable: vous ne parlerez qu'à vos deux proches voisins. Plats entrecoupés de discours, photos projetées des mariés, de leurs études et de leurs rites festifs... Les vieux s'ennuient - de nouveaux codes apparaissent. En fin de repas, la musique, indiquant que la fête commence interdira toute conversation avec vos deux voisins. Alors, des filles aux flancs larges, en lice pour le mariage : la grande affaire de leur vie, gonflées d'hormones se trémousseront en quête d'un géniteur aux mêmes valeurs qu'elles - afin que transmission se fasse. 
Dans un monde en décomposition, il est rassurant de voir que des choses perdurent. Prochainement d'autres noces : Prolétaire. Paysanne que l'on ne confondra pas avec leurs homologues dissidentes: les noces néo-rurales. A bientôt.






dimanche 22 octobre 2017

DE MONTAND Á MONSANTO



Quand j'étais petit, dans les champs il y avait des myriades de sauterelles. Going.Going... et de drôles de créatures ailées à antennes, élytres et mandibules. Shhrrr.Shhrrr...  Les truites gobaient les nymphes d'éphémères. Ploup.Ploup... Les cancres emmenaient des hannetons en classe. On rencontrait des vers luisants, des papillons à foison, des lucanes. Avec ma sœur on chantait "à bicyclette" sur nos vélos pourris "faisant naitre un bouquet changeant de papillons..."  Depuis l'été 68, le soleil s' est assombri pour les insectes: 80% ont disparu. Les glyphosates et autres pesticides sont arrivés en force, les néonicotinoïdes détruisent les abeilles. Les rivières, les nappes phréatiques sont  polluées et les terres sont mortes... plus de lombrics et de micro organismes - pas grave:  il n'y a plus de passereaux et de hérissons non plus ! Les paysans sulfatent, meurent de cancer ou se suicident, Monsanto monsantise, les lobbystes lobbiisent, les ministres valsent ou jouent du pipeau... Quand vous bercerez votre petit fils dans quelques années - oui  celui dont les analyses ne seront pas bonnes... n'oubliez pas de lui raconter, "le cœur un peu vague pourtant.... le temps des sauterelles, des papillons et des rainettes."

lundi 2 octobre 2017

LE TOUT DERNIER JOUR D'ANNE BERT

Anne Bert s'en est allée au delà des nuages. Peut-être a t-elle préféré ne pas assister au procès du frère d'un assassin, au matraquage de manifestants, au martyr de jeunes filles dans une gare, à une vraie tuerie dans une ville factice... Plus sûrement, elle a choisi de ne pas laisser la maladie de Charcot la pétrifier. Devançant sa fin inéluctable la romancière de 59 ans s'est faite assister dans son suicide en Belgique, puisqu'en France on ne pratique que la sédation profonde et continue en fin de vie. Elle est allée au bout de sa volonté et de la loi - plus que de sa vie - se privant de quelques couchers de soleil, d'ultimes mélodies, de furtives caresses... Elle a choisi d'écrire un livre et de ne pas assister à sa parution. La mort nous indigne, nous anéantit, nous bouleverse, nous indiffère, nous terrorise, nous apaise... mais à tous nous sourit.  Celle d'Anne Bert nous interroge.



dimanche 1 octobre 2017

HUGO ET CORTO



... sont dans une gondole. Hugo tombe à l'eau, qu'est ce qu'il reste? On fête les 50 ans de Corto Maltese cette année. On pourrait  célébrer les 90 ans de Hugo Pratt (né en 27 mort en 95). Dans le conte onirique "Fable de Venise" le dessinateur-franc-maçon aux treize vies, initié à la loge Hermès Trismégiste dans la Sérénissime, met en scène ses frères en cagoules et le marin en casquette blanche. Sa fine silhouette arpente les rues de la cité des doges en quête d'une émeraude mythique: La clavicule de Salomon.  Hugo-le père donne vie à Corto-le fils, qui l'incarne et le rend immortel. Son héros- aventurier laconique, fils de gitane et de marin de Cornouailles, égocentrique et altruiste, anarchiste et romantique - son aventure personnelle de la franc-maçonnerie lui permettent d'assouvir dans une quête de vérité son gout du mystère, de l'ésotérisme et des voyages... Tiens !?  C'est étrange chez Pratt cette obsession du noir et du blanc...





mercredi 13 septembre 2017

GROOOUUIIIIIKKK



 - "Grroouuiiik" fait le cochon allemand dans la file qui l'emmène à la mort. Ce qui en dialecte teuton peut signifier ceci : "En vérité, j'en ai assez que l'on me coupe la queue dès la naissance... j'en ai assez de vivre dans des baraquements alignés avec 10000 de mes congénères, dans les excréments sur un caillebotis qui me ruine les articulations, sans jouer, sans m'ébattre, sans voir le jour - d'être traité H24 aux antibiotiques faisant de moi une bombe sanitaire à retardement. Je n'en peux plus d'être engraissé 120 jours par des pauvres bougres roumains détachés autant qu' exploités  qui détruisent les filières porcines roumaines, espagnoles, françaises, et le commerce de proximité. Je n'en puis mais d' être le sacrifié d'une agriculture industrielle sordide, de finir en viande à bas coût pour supermarchés." 
-"Grrrooouuiiik" répond en écho le documentaire d'Arte sur le sujet. 
- "Ach so... agrikultur: gröss malheur !" entonnent les faces rubicondes des éleveurs allemands inondant de lisier les champs, polluant par là même les nappes phréatiques de manière irrémédiable.

dimanche 3 septembre 2017

PAUVRE GROUSSIER - PAUVRE MISÈRE


/1957: notre frère Groussier meurt à 93 ans.
/2017: le code du travail qui fut son grand œuvre reçoit une volée de plomb dans l'aile. Conservatisme ou rénovation  de ce qui était peut-être devenu une pétaudière ? - nous verrons dans les mois qui viennent si cette mesure "Jupitérienne" arrive à imposer mécaniquement sa logique : précarité contre chômage de masse.  Pour ma part je constate que l'histoire du travail se superpose plus à celle de l'oppression, des inégalités, du profit maximum qu'à celle de la fraternité, de l'amélioration de la société ou de la réalisation de soi.  Les conditions d'esclavage, de servage, de travail des enfants, d'exploitation sauvage... ne sont pas si vieilles et prennent de nouvelles formes en d'autres lieux - mondialisation oblige. L'inégalité homme-femme est toujours d'actualité. Les avancées sociales: repos hebdomadaire, temps légal de travail,  salaire minimum, syndicalisme, droit de grève, congés payés, sécurité sociale qui nous paraissent si légitimes ont été acquises de lutte âpre au cours du siècle dernier. Mais comme par une sorte de bizarrerie, le genre humain s'ingénie à pervertir toute idée - fut-elle belle ou de bon sens, je crains fort que cette politique libérale, teintée de défiance envers les salariés et les corps intermédiaires ne change rien dans la majorité des cas, et dans l'autre ne fasse que servir les intérêts d'un patronat conservateur et d'une classe possédante affamée. 
/Cher Arthur, toutes mes condoléances...






samedi 26 août 2017

VOYAGE-VOYAGE...



Au dessus des vieux volcans 
Glissent des ailes sous le tapis du vent 
Voyage-Voyage 
Éternellement ....  Cette chanson des années 80 nous incitait à arpenter le monde. Mais... qu'est ce que voyager aujourd'hui ? Quelle corrélation entre la déambulation motorisée, la vitesse, le tourisme... et la lente approche, le nécessaire dépouillement, la rencontre - que l'acte implique? Sommes nous des voyageurs quand nous arpentons les routes - maison sur le dos dans un camping-car, quand l'avion nous téléporte dans le Hoggar en trois heures pour un tour de chameau, quand barda sous le bras nous allons faire du golf et siroter des cocktails à l'autre bout du monde - quand nous sillonnons les mers sur des buildings flottants dévoreurs de gas-oil et quand déjà soucieux du retour nous figeons l'image du départ sur notre portable... Lors de nos voyages de noces, d'affaires, organisés, "tout compris"... sommes nous plus lumineux que Jean de La Fontaine qui s'est aventuré -dit-on, une fois à Limoges au cours de son existence ?  Alors oui, je sais !  "Le chemin" "Le voyage intérieur" " les 5 voyages "... mais si "voyager c'est avancer nu" je m'interroge: sommes nous prêts dans nos vains, coûteux et arrogants déplacements à affronter notre impudique nudité ?

lundi 14 août 2017

BÉRÉZINA



1812. Napoléon s'est laissé piéger par Koutouzov, Moscou incendiée, la terre brulée et l'hiver russe. Entre "aller en fanfare et retour en guenilles"  200000 des 440000 hommes de la grande armée vont périr à Borodino,  Smolensk, ou la Moskowa... de faim, de froid, d'épuisement, tués par les cosaques ou les poux de Vilnius. Avec quelques amis des deux bords, Sylvain Tesson enfourche sa moto Oural sur les traces des armées napoléoniennes en déroute - Fiche technique: 15 jours à 80 km heure entre la Place Rouge et celle des Invalides à travers les plaines russe, lituanienne, polonaise, prussienne... C'est un essai sur l'absurdité de la guerre teintée d'une interrogation sur le mental de ces soldats, fantômes en haillons, qui marchent jusqu'à l'enfer, s'étripent, dévorent leur chevaux, pillent, se jettent dans le feu d'un bivouac, se noient dans la Bérézina pour la gloire déjà évanouie d'un Alexandre corse, jalonnant la route impériale de leurs cadavres. Ce pari un peu vain - comme la campagne de Russie laisse le goût amer de la dureté et l'infortune des hommes aspirés par l'histoire mais nous renvoie à nos aspirations présentes de confort sur fond de haut débit et de réchauffement climatique.