mardi 16 octobre 2018

RAPPEL


"Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps "                                         François René de Chateaubriand

dimanche 14 octobre 2018

LA BALLADE DES PERDUES



Pauvres femmes. Le calvaire de certaines enfante des Nobel. Denis Mukwege et Nadia Murad en sont. L'un pour son travail réparateur auprès des femmes violées au Congo, l'autre pour être devenue la porte parole de la communauté yésidie en Irak et des esclaves sexuelles de l'état islamique. Pauvre de moi. J'ignorais ou ne voulais pas savoir que la colonisation fut un immense safari sexuel pour occidentaux en quête de fantasmes ex(r)otiques.. La myriade de mousmées nues sur cartes postales graveleuses en témoigne. Pauvres africains. Pendant des siècles ils furent réduits en esclavage par les arabes et les négociants européens. Les jeunes garçons étaient souvent castrés. 80% mourraient lors de cette mutilation... Excision, mariage forcé, violence conjugale, pédophilie, enfants soldats, prostitution sauvage, viol de guerre, mutilation, torture... L'imagination de l'homme et sa perversion sont sans limite. Mais l'abjection est bonne fille. Elle s'exprime mais fait peu de cas de la couleur de peau, de l'âge, du sexe et frappe large... noirs, blancs, jaunes, rouges, hommes, femmes, enfants prennent tour à tour leur ticket dans la file des bourreaux ou victimes. Sinon, tout va bien. La terre est une poubelle. " Sœurs humaines qui avec nous vivez, n'ayez les coeurs contre nous endurcis, car si pitié... etc - etc "

dimanche 7 octobre 2018

AZNAVOURIAN



Le grand Charles est parti au paradis rejoindre Truffaut, Piaf, Montand, Ventura, Biraud, Serrault... et prendre sa place dans le long cortège des saltimbanques. Il nous laisse pleurer la mamma avec Giorgio le fils maudit, parler d'un temps que les moins de 94 ans ne peuvent pas connaitre, dans un taxi quelque part du côté de Tobrouk, dans un très vieil appartement, une soute à charbon... Jeune homme je braillais "La jam", "Emmenez moi au bout de la terre", "la bohème". J'aimais, tout en trouvant vieux le registre. J'ai eu un rapport ambigu avec le plus célèbre des arméniens. Est ce son rapport à l'argent, sa swiss attitude, son côté Sinatra français, son désir forcené de reconnaissance ou le sentiment que le meilleur de son travail était derrière lui? Mais on n'aborde pas l'art par le biais de la critique... L'artiste Aznavourian nous lègue 1000 chansons dont certaines d'anthologie, un angle d'attaque sensible autour de thèmes sulfureux, un engagement humanitaire et politique, 80 films - 5 chefs-d'oeuvre et quelques nanars, une gueule, sa gentillesse, la volonté de réussir et la preuve que parfois en France carrière est ouverte au talent. Une page se tourne. Le grand "petit homme" n'est plus et les lilas sont morts. 

samedi 6 octobre 2018

ÂME SENTINELLE


Elle est retrouvée.

Quoi ?  L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil

Rimbaud

mercredi 3 octobre 2018

jeudi 20 septembre 2018

LA POLICE DE VICHY


Vichy:  réputée pour son eau, ses parcs, ses palaces, son tissu, ses pastilles... l'est un peu moins pour sa police. J'ignorai que celle ci jusqu'alors municipale était devenue nationale grâce au Maréchal. Conçue selon trois axes : PJ-RG-sécurité publique, qui perdurent aujourd'hui elle devient le bras armé de la collaboration et mène un jeu trouble avec l'occupant nazi. Ses caciques:  Laval, Bousquet, Papon, Touvier, Darnand, Pucheu, Marquet, Peyrouton... signent ses méfaits: Vel d'Hiv, Chateaubriand, Rivesaltes, martyr des enfants juifs, combat contre le maquis, purge du vieux port de Marseille, torture, jusqu'à la mue finale en milice fascisante. Impliquée dans les rafles (une poignée sauvera l'honneur du groupe), les fichages, les dénonciations et déportations de juifs, communistes, francs-maçons, résistants ou réfractaires au STO, ce corps voué à l'ordre arrivera in-extrémis à faire oublier son implication dans les basses besognes en participant de manière active à la libération de Paris. Un documentaire très réussi de David Korm-Broza * et Laurent Joly nous fait remonter le temps et entrer dans la psyché des grands commis de l'Etat Français. La voix de Dassary grésille dans le gramophone : "Maréchal - nous voilà, Tu nous a redonné l'espérance..." 
La musique aboie les salauds passent... ou restent. C'est selon !

*  Revoir:  Les Jeunesses Hitlériennes.



mardi 11 septembre 2018

L'ETOILE BRILLANTE DU MATIN

     

"L'humanité est païenne. Jamais aucune religion ne l'a pénétrée. Le pouvoir de croire à la survie de l'âme n'est même pas dans l'âme de l'homme ordinaire. L'homme est un animal qui s'éveille sans savoir ni où ni pourquoi.

Quand il adore les Dieux, il les adore comme des fétiches. Sa religion est une sorcellerie. Il en a toujours été ainsi, il en est ainsi, et il en sera toujours ainsi. Les religions ce n'est que ce qui déborde des mystères pour devenir profane et n'est point compris par le profane car, par nature, il ne peut l'être...."


                                                 PESSOA,  L'Heure du Diable, Conte

dimanche 9 septembre 2018

FERNANDO PESSOA




Quelle étrange personnalité et quelle étrange vie que celles de l'écrivain portugais Fernando Pessoa. Arrivé de Durban à 17 ans puis arrimé à Lisbonne dans un exil intérieur durant 30 ans il trimballe son chapeau, sa fine moustache et son visage aquilin  d'un bout à l'autre de la rue des Douradores où il travaille et où il réside... Alternant avec un emploi terne de scribouillard il construit une oeuvre singulière de critique, polémiste, poète, auteur de fictions et de théâtre,  ésotéricien (apologie de la franc-maçonnerie)... empile les manuscrits dans une malle et meurt alcoolique en 1935, méconnu du public - ayant très peu publié. Homme mélancolique aux multiples plumes et signatures: Pessoa, Soarès, Reis, Caiero... qui lui permettent d'avoir des pensées contradictoires, cet intranquille qui revendiquait "n'être personne"  aura réussi le tour de force,  dans cette longue marche vers lui-même et la connaissance, dans un rejet  de stagnation intellectuelle de sa personne et sa culture "d'être grand sans n'être rien." Etrange... Ce silence et cette immobilité revendiqués couvrent de ridicule nos tintamarres et gesticulations forcenées. 

mardi 28 août 2018

LES COULEUVRES DE MONSIEUR HULOT



Je suis triste ce soir. Nicolas Hulot -ministre d'état a démissionné. Non, que le sort de l'ex producteur d' Ushuaïa me préoccupe, mais parce que ce départ est le symbole d'un rendez-vous une nouvelle fois raté. Monsieur le Président de la République, en laissant filer cet écologiste populaire, après 14 mois d'exercice, de renoncements, de désillusions, et de couleuvres à avaler - non seulement vous perdez votre plus belle prise de guerre, mais vous confirmez ce que nous pressentions déjà: vous êtes le président  des riches et du capital, mais aussi celui  des lobbys, des intérêts privés, des grandes entreprises, de l'agriculture intensive, de la pêche industrielle, des énergies fossiles, du nucléaire (merci Monsieur Areva) de la croissance forcenée, de l'épuisement des ressources et des espèces - bref... du modèle libéral à tout crin, de l'ancien monde et de la courte vue. Votre En même temps " ne fonctionne pas et vous êtes nu. Entouré de parlementaires godillots, votre nudité et votre "make our planet great again" seraient presque risibles, si en toile de fond il n'y avait de grands malheurs à venir. En son temps un roi a prononcé: "après moi le déluge". En cette rentrée politique, après un été incendiaire sa cynique et funeste citation n'a pas pris une ride.

PS: climato-sceptiques, énervés d'internet soucieux de polémiquer sur le 4x4, les shampoings ou les vacances de Monsieur Hulot  -s'abstenir. Le problème est ailleurs...

lundi 20 août 2018

LIBERTÉ - ÉGALITÉ - PROPRIÉTÉ



Les français adorent les images d'Epinal : Clovis, Jeanne D'Arc, Marignan, la Bastille... Sur les murs de leur mémoire s'épinglent les planches chromos et patriotiques d'une histoire idéalisée... Tout élève de seconde sait que dans la nuit du 4 août 1789 les paysans exaspérés par des siècles de servage, de dîme, de droits de chasse, de banalités, de colombiers ... bref ! de privilèges prennent d'assaut les châteaux, font  griller deux ou trois pieds au sang bleu avec de vieux registres, et que dans une grande ferveur égalitaire, quelques nobles et curés idéalistes ralliés aux bourgeois abolissent les droits féodaux à l'Assemblée Nationale. L'Ancien Régime est mort. Vive la Révolution ! Ce qu'il sait moins, c'est que ces droits disparaissent à condition que la rente soit acquittée: le "denier trente". Autrement dit, celui qui peut payer trente ans d'impôts en est exempté. Donc - personne... Les rédacteurs du texte garderont bien de mentionner cette petite clause afin d'apaiser les esprits. On créera la Garde Nationale pour juguler les ardeurs des plus excités, et à l'occasion on les massacrera. Il faudra attendre 1793, le comité de Salut Public, les 365 jours au pouvoir de Robespierre et Saint-Just pour que les privilèges soient réellement abolis. Depuis  dans notre beau pays les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits. Nan, je déconne !

dimanche 19 août 2018

COLONNES DU NORD

Après quelques avaries informatiques, mon site "Le journal d'un franc-maçon" est à nouveau visible sur les colonnes du Web. Pour voir ou revoir ce travail d'apprenti. 

>>>>>> journaldunfrancmacon.com <<<<<<









dimanche 12 août 2018

LES MANUSCRITS DE LA PLANCHE MORTE


L'âme humaine est impénétrable. Vers 1880 Joachim Martin, menuisier de son état griffonne fiévreusement au crayon ses états d'âme au dos du parquet qu'il pointe - face cachée - sur les solives du château de Picomtal dans les Hautes Alpes. Il sait que son oeuvre ne sera découverte que longtemps après sa mort. 120 ans plus tard la réfection du parquet met au jour cette chronique villageoise. On y découvre que le peuple de la troisième République a la cuisse plus légère que le clergé ne l'entend. Que ses clercs eux mêmes prennent des libertés avec la morale chrétienne qu'ils préconisent. Le curé  un cochon est friand de galipettes et d'anecdotes truculentes à confesse. Infanticides, pédophilie, moeurs sexuelles, politique, républicanisme, colonialisme, analyse sociale, expériences de sa propre vie... C'est la pensée d'un homme simple qui se dévoile, désireux de laisser une trace sans révéler les secrets des vivants. On sait que derrière chaque homme extraordinaire sommeille un être banal. On constate ici qu'à l'intérieur de chaque être ordinaire s'agite une créature complexe.

lundi 6 août 2018

L'ABÎME TE REGARDE AUSSI



Une culture ne peut-elle exister- comme le prétend Nietzsche -que par ses profondeurs ? Enfants de la matrice nous passons notre vie à combler des vides, à errer dans nos fissures labyrinthiques, à déambuler de la cave enfouie au grenier caché de notre esprit, entre gestation et besoin d'infini. Quel rêve tellurique poursuivaient les romains en creusant dans le sous sol de Lug/Lumière/Lyon sous la colline de la Croix Rousse (à l'époque Mont Sauvage) un réseau de galeries dont l'utilité et le sens nous échappent: 32 galeries sèches, longues de 30 mètres, parfaitement calibrées (190/220), parallèles, reliées par une double colonne vertébrale en cascade, agrémentées de puits et reliées à d'autres galeries longeant le Rhône. César imaginait-il une cache pour la librairie d'Alexandrie, les Templiers un coffre-fort pour leur trésor, Catherine de Médicis une éphémère citadelle en creux ? Fut-il le réseau squelettique d'une procession souterraine menant à la chapelle des trois Gaules ? On prétend que le véritable voyage est dans le projet plus que dans sa réalisation, et dans l'espoir du lieu de retour régulièrement revisité... Frères humains fouisseurs quel était votre projet de voyage, votre espoir ? Le projet contemporain de second tunnel routier sous la Croix-Rousse qui menace l'antique ouvrage est lui beaucoup moins mystérieux...



dimanche 29 juillet 2018

GRAND SCARABÉE




"... Plus on possède d'imagination, mieux il faut posséder son métier pour accompagner celle-ci dans ses aventures et surmonter les difficultés qu'elle recherche avidement. Et mieux on possède son métier moins il faut s'en prévaloir et le montrer pour laisser l'imagination briller de tout son éclat ..."

                                                                  Charles Baudelaire. Curiosités esthétiques. 1868