mardi 17 mai 2016

LES MACONS ET LA MEMOIRE PERDUE



Non, ne sortez pas votre chapeau et votre fouet d'Indiana Jones... Ici, pas de temple maudit au fond de la jungle, pas d'araignée géante ! Quoi que !? L'araignée c'est comme cela que les nazis perçoivent la franc maçonnerie quand ils pénètrent dans Paris en 1940. Rosenberg le théoricien du parti veut comprendre ses ennemis: juifs, communistes, démocrates ploutocrates, maçons. Il pille les archives des obédiences et rapatrie le tout en Allemagne afin de "décoder".  Himmler lui aussi , féru d'occultisme et de sociétés secrètes (Thulé)  constitue sa petite bibliothèque personnelle sur le dos des loges  -1945: le vent de l'histoire tourne. Les archives sont  rendues à leurs propriétaires par les alliés, mais dans leur immense majorité embarquées par les soviétiques en URSS. Le petit père Joseph se méfie comme d'une guigne des frères à trois points un peu trop "libres" à son gout. Il rend deux ou trois papiers prétendant que le reste a été détruit. Celui ci sommeille pendant cinquante ans dans des cartons avant qu'une américaine ne lève le lièvre. Nous sommes sous Chirac. Les russes rendent les archives moyennant deux millions de francs pour les frais d'envoi. Les obédiences récupèrent une bonne partie de leur histoire. Le premier carton du G.O s'ouvre sur des manuscrits de la loge des neufs soeurs, paraphés de Voltaire. Sympa, non !? Une partie des archives n'a pas été restituée et dort encore en Russie ou en Pologne. C'était avant hier soir sur France 5.  A voir en replay. Un vrai polar...

Jean-Pierre Devillers / Réalisateur Eric Giacometti & Jacques Ravenne / AuteursProduction ADLTV / Philippe Thuillier

jeudi 12 mai 2016

JE VOUS SALUE MARIS



Le 2 janvier 2015 Bernard Maris appose sa signature en bas de son manuscrit. Cinq jours plus tard il est assassiné avec la bande à Charlie. A la proposition de son livre "Et si on aimait la France" qui paraîtra post-mortem répond le cliquetis des kalachnikovs et le bruit des douilles sur le sol. Journaliste (Marianne, Nouvel obs, Figaro Magazine, Le Monde...) chroniqueur économique à Charlie dont il est actionnaire "Oncle Bernard" anime pendant des années une émission économique sur France Inter. Par ses analyses décalées il fait la preuve que l'on peut être un tantinet sérieux en économie et ne pas se prendre au sérieux,  être maçon et anarchiste, ami de Houellebecq et de Mustapha correcteur algérien du journal, alsacien et marseillais, français et internationaliste. Bref que l'on peut être ce que l'on veut, sortir du moule et de la pensée unique. Dans son petit livre il nous parle de Paris et du désert français, de galanterie, d'écriture, de république, de banlieue, de paysans, de Zemmour,  de Michelet, de culture, d'espoir.... C'est simple et lumineux. Mais, comme tous les optimistes il oublie de fermer  les portes. Celle du comité de rédaction, s'ouvre le 7 janvier sur des individus manquant de galanterie et n'aimant pas trop la France... 

samedi 7 mai 2016

DIOGENE /2

                 

DIOGENE /1



- Demande-moi ce que tu veux, je te le donnerai            
- Ôte-toi de mon soleil

-N'as-tu pas peur de moi ?

-Qu'es-tu donc ? Un bien ou un mal ?

-Un bien.

- Qui donc pourrait craindre le bien ?  

                                         

mardi 3 mai 2016

LE VINGT HEURES



En France on aime les rituels. Celui du journal de vingt heures en particulier. Le nombre magique flotte en musique dans le beau ciel de France ; Marianne s'assied devant l'écran  et avale l'actualité à l'heure de la soupe; les travaux commencent... Comme tous les rituels celui ci ponctue à la fois  le temps, s'en évade et laisse croire au fidèle qu'il pénètre le temple. - Le prêtre, choisi pour sa belle gueule, sa tempérance, ses relations, récite sa messe (voire sa grand messe en cas de coup dur, d'attentat, de séisme, de J.O, d'allocution présidentielle....) L'autre soir le voyage était alchimique, et les éléments à l'honneur : au feu des casseurs en marge d'une manifestation succédaient l'augmentation pharaonique d'un grand patron  ne manquant pas d'air, la terre d'un hôpital bombardé à Alep et l'eau de yachts  luxueux fabriqués en Italie. Finissant en général par l'or (ou du moins ce qui brille) l'alchimiste en quête de jouvence nous épargna -ce soir là- la promotion d'une vedette venue vendre son film - Ite Misacathodica Est - Derrière les rideaux tirés de ce petit théâtre on pouvait maintenant entendre  les libations de Guignol et Gendarme se rinçant le gosier...  Cet office d'une demie heure - à condition que la ligne rose de notre nombril ne soit pas notre ultime horizon et la mauvaise humeur notre carburant nous renseigne sur nous même, nos masques et notre reflet. Si la violence des casseurs est condamnée, celle du prix d'un yacht est inconsciemment légitimée ; 50 millions pour 50 mètres soit un million d'euros le mètre linéaire, somme  consentie par un commanditaire "honnête mais discret". Aux atermoiements du client SNCF floué de 5 euros sur son billet annulé, répond le cri sans voix d'un père en turban "soviétisé" de sa femme et ses enfants . Ici, les images créent entre elles des étincelles. Citoyens passés consommateurs, ou supporters ou laissés pour compte accommodés à l' horreur, formatés ou indignés en pantoufle, fascinés du who's who,  nous avons laissé notre petit moi freudien terrasser notre surhomme nietzschéen. Et maintenant la météo... pas folichon, folichon ce week-end !

lundi 2 mai 2016

LOUISE MICHEL / 2



"Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c'était bien la Commune composée d'hommes d'intelligence, de courage, d'une incroyable honnêteté et qui avaient donné d'incontestables preuves de dévouement et d'énergie. Le pouvoir les annihila, ne leur laissant plus d'implacable volonté que pour le sacrifice. C'est que le pouvoir est maudit et c'est pour cela que je suis anarchiste".



Louise Michel - 1830-1905



vendredi 29 avril 2016

LOUISE MICHEL /1

 "Je suis ambitieuse pour l'humanité ; 
moi je voudrais que tout le monde fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût."   Louise Michel

jeudi 28 avril 2016

EXPO A LA BNF

La Bibliothèque nationale de France, qui conserve l’un des plus importants fonds maçonniques au monde, consacre une exposition majeure à la franc-maçonnerie française. En partenariat avec le Musée de la franc-maçonnerie, elle présente plus de 450 pièces, certaines encore jamais montrées, issues des collections de la Bibliothèque mais aussi des principales obédiences françaises ou de prêts étrangers exceptionnels. Les origines de la franc-maçonnerie, l’histoire de son implantation en France, ses symboles et rituels, ses contributions dans de multiples domaines - politique, religieux, artistique et philosophique - enfin l’évocation des légendes qui lui sont attachées constituent le parcours de cette exposition dont l’ambition est de faire comprendre, dans un esprit didactique, ce qu’est la franc-maçonnerie.
du 12 avril 2016 au 24 juillet 2016François-Mitterrand / Galerie 2   

lundi 25 avril 2016

SOUFFLE DU DRAGON...


Anál nathrach, orth' bháis's bethad, do chél dénmha »

« Souffle du dragon, charme de mort et de vie, ton sort de création »
incantation de Merlin en vieil irlandais dans Excalibur de J.Boorman

TCHERNO 30 ANS DEJA !


mardi 19 avril 2016

LA COMMUNE DE PARIS



Quel chapitre étrange de notre histoire -1871- Après une guerre mal préparée contre la Prusse, une défaite sans appel, un Empereur déchu, le peuple de Paris refuse la capitulation et résiste à l'occupant. Six mois de siège derrière les fortifs de Thiers avec le froid, la faim, la mort, les rats et le canon  qui tonne . Enflammé d'idéaux patriotiques, libertaires et pré-révolutionnaires, craignant le retour de la monarchie le petit peuple de Paris prend les armes contre la république bourgeoise des Versaillais, pressée de conclure l'armistice. La sans-culotterie de 1792 renait. Artisans, tailleurs de pierres, charpentiers, lavandières, couturières, marchands de vins, gardes nationaux, tanneurs, ouvriers du livre, petits patrons, chômeurs, maçons (Francs ! aussi parfois qui défilèrent avec leurs bannières et obtinrent une trêve) ... prennent les canons, dressent des barricades avec quelques intellectuels et artistes « rouges » à leur tête (dont le génial Courbet). On connait la suite : exactions des deux côtés, semaine sanglante, cimetière du Père Lachaise, mur des fédérés, répression sauvage... déportation. En deux mois et 10000 morts au tableau (?) l'affaire est pliée. Le rêve des «partageux», l'utopie des gagne-petits est noyée dans le sang qui teinte son drapeau rouge . Fin du projet  -liberté, égalité, justice- de la Commune de Paris et des Communes de province. Les soldats-paysans versaillais triomphent des fédérés-ouvriers communards. Les grandes plumes de l'époque (Flaubert, Sand, Zola, Daudet, Goncourt, Littré, Leconte de Lisle n'ont pas de mots assez durs pour décrier ces « collets crasseux, déclassés, têtes de pions, traînards, incapables , assassins.... leurs femelles et la démocratie ». Seul Hugo s'en tire, malgré sa désapprobation par un élan de compassion envers les vaincus. Restent quelques noms. A gauche Proudhon, Blanqui, Vallès, Louise Michel, Le temps des cerises, Le cri du peuple, les poèmes de Rimbaud... A droite Mac-Mahon, Thiers, Gallifet, le Sacré Cœur (!) Dans les bibliothèques un roman de Zola, La Débacle . Dans les esprits l'Histoire et une évidence. Ces gars, ces filles étaient d'une autre trempe que nous. Rien à perdre, à part la vie. Nos combats individualistes, nos Nuits Debout, je n'ose dire nos rêves consuméristes d'enrichissement (ah! le dernier Samsung Galaxy. Nous voulons... des CDI , sur fond de retraite, de RTT, de pouvoir d'achat, de liberté mais de sécurité...) nos désirs solitaires de pavillon... même s'ils relèvent d'un désir de justice sociale, manquent de souffle, de poésie et peut être en définitive de jeunesse. Nostalgie du drame de la Commune, nostalgie du chemin vert qui serpentait près de la bastille (ah! le prix du m2 faubourg Saint-Antoine) nostalgie  des gars au grand coeur et de leurs rêves de pauvres .... «J'aimerai toujours le temps des cerises et le souvenir que je garde au cœur...»









mardi 12 avril 2016

NUIT DEBOUT

 

"Le cri d'un peuple libre est le cri de la gloire."
Fabre d'Eglantine

dimanche 10 avril 2016

mardi 5 avril 2016

LA CAPITATION



C'est chouette la Franc-Maçonnerie. L'autre soir en tenue on votait pour le nouveau système de capitation. Parce que actuellement chacun paie la même part. La capitation c'est pour faire vivre l'obédience et payer le loyer du temple, mais nous, enfin -certains on trouve pas  très juste de payer pareil quand on est jeune et que l'on gagne 1000 euros, ou moins jeune avec 5000 euros. Alors, voilà on discutait de ça -et là, je vous assure c'était beaucoup plus animé que pour d'autres sujets de société, ou pour les objets symboliques comme le compas ou les grenades... Il y avait des prises de parole pour expliquer que c'était plus fraternel de tous payer la même chose, mais j'ai pas très bien compris, et puis que l'autre système on l'avait déjà essayé, ça n'avait pas marché.... Après on est passé au vote, avec les boules noires et blanches. C'est chouette : une boule noire ça vaut beaucoup plus qu'une boule blanche. En gros quand il y a un quart de boules noires, c'est aussi fort que le reste de boules blanches, un peu comme si François Hollande avec 75% des voix, n' était pas élu, à cause des 25 % qui ne veulent pas de lui. C'est pour ça que le nouveau projet  a failli ne pas passer, parce qu' il y avait quand même pas mal de boules noires. Moi je me suis dit que peut être, certains avaient fait le calcul, et qu'ils allaient payer plus cher de capitation avec le nouveau système, alors qu'ils trouvaient plus fraternel de tous payer la même chose. Nous on étaient contents, mais d'autres frères souriaient pas trop. Avant le vote, il y avait une planche qui répondait à la question « la Franc- Maçonnerie doit elle être à l'image de la société ? »  Ce soir, on avait quand même une chouette de réponse...

mardi 29 mars 2016

DECAUX ET MICHELET



Encore un mensonge. Les "immortels" ne le sont pas autant qu'ils le prétendent. Alain Decaux nous a quitté durant ce week-end pascal. Il faut réécouter l'émission "Radioscopie" où Chancel l'interroge sur son oeuvre, sur sa notoriété, les honneurs, l'écriture, la télé... et Dieu dans tout cela !? En 1979 Decaux, futur "frais académicien" élégant, intelligent, distancié, parle de lui  de sa passion, de son histoire, de l'Histoire. A l'heure où cette discipline est menacée de devenir optionnelle dans les programmes scolaires ; à l'heure paradoxale où les français (en quête d'eux mêmes?) ne s'y sont jamais autant intéressés, le créateur avec Castelot et Lorenzi de "La caméra explore le temps"  nous quitte pour un autre présent. Les historiens restent peu dans les mémoires. Qui lit Lavisse de nos jours? Le passé se réécrit tous les 50 ans avec d'autres yeux. Pourtant, un historien échappe à la règle: Michelet, en qui Decaux voit au delà du spécialiste, un visionnaire et un poète. Ne vous fiez pas aux apparences. Ce monsieur en redingote n'est pas un vieux barbeau ennuyeux du XIXe , banquier, bourgeois, politicard rougeaud habitué des commisses agricoles, boutiquier ou saute ruisseau. C'est "The Historienpersonnage à la pensée surprenante -moderne. Ce n'est pas un simple chroniqueur, érudit, féru de dates, gris comme ses livres. Il mange l'histoire, nage dans l'histoire, la survole comme un Dieu, la dévore. Son style est à l'opposé d'un Chateaubriand écrivain horizontal et glisseur. Que restera t-il d'Alain Decaux - le conteur - qui a bien oeuvré, dans 100 ans ? Dans l'immortalité ? Je n'en sais rien... Peut-être discute t-il avec Michelet  - mais ceci est une autre histoire...

jeudi 24 mars 2016

CARRE SATOR



Les carrés magiques existent sous différentes formes, différentes tailles, à base de lettres ou de chiffres. Ils font alors des additions... magiques. Autour du texte, le Carré Sator est le plus célèbre. Cinq sur cinq. Il y est question - en latin- de laboureur, de charrue, de travail, de roues... Il se lit de gauche à droite, de droite à gauche, de haut en bas, de bas en haut.  It's "the" super palindrome, chargé de sens. C'est aussi l'un des plus anciens. Redécouvert à Pompeï après ensevelissement en 79 ap.J.C, il apparait ailleurs en Europe gravés sur des pierres ou des linteaux. Certains y décèlent un signe de ralliement chrétien par le T eneT en croix, ou une indéniable influence juive, d'autres un serpent, et dans l' anagramme de ses 25 lettres un  double Pater Noster enrichi de l'Alpha et l'Omega. Le mystère de ce cryptogramme reste pourtant épais. Le plus grand mystère à mon sens est la passion et l'obstination que mettent ses adorateurs à le décoder. Peut être la même qui nous pousse à trouver l'origine de la vie, prouver l'existence ou la non existence de Dieu, expliquer la création du monde : un mélange de saine curiosité, d'une soif de connaissance, d'élan mystique, saupoudrés d'un... soupçon d'orgueil.

lundi 21 mars 2016

JEUX INTERDITS


" Maintenant je suis devenu la Mort,
 le destructeur des mondes."

Denis Opppenheimer citant Bhagavad-Gita