lundi 16 juillet 2018

CHAMMPPPIOOONNNSSS DU MONDE




Etonnant ce mondial de foot-ball. N'y voir que l'aliénation du peuple "shooté" au sport de masse, le pauvre rêve par procuration des foules sans autre idéal que gloire et argent est réducteur. S'enivrer de trop de fierté nationale derrière son équipe, l'exploit et la fête est faible et illusoire. Ne pas se réjouir de la victoire de son pays est triste. Y accorder trop d'importance est pathétique. Ne pas discerner le potentiel et l'énergie d'une certaine jeunesse décriée et oubliée est de l'aveuglement. Ne pas réagir aux débordements de son double confondant liesse populaire et casse gratuite est suicidaire... Comme d'autres, cet évènement sportif planétaire est un fantastique miroir reflétant ce que nous sommes devenus, renvoyant de manière crue notre image, nos rêves, nos aspirations, nos fêlures, nos névroses et nos talents. Nos "buts", nos "cages" n'ont jamais été si bien révélés. Chammmmmpppiiiioooonns du monde.

jeudi 5 juillet 2018

FULCANELLI


Le sel du mystère Fulcanelli,  c'est précisément...le mystère ! Que l'adepte soit identifié: Flammarion, De Lesseps, Castelot, de Lubicz, Decoeur, Violle, Fould... est de peu d'importance. L'alchimiste véritable se moque de la gloire. Même une supercherie ou un opus à deux, quatre ou six mains : Canseliet/Champagne/Dujols relèverait de l'oeuvre au noir... En 1926 sort "Le Mystère des Cathédrales" suivi en 1930 par "Les Demeures Philosophales". Les deux ouvrages feront un "bide" trente ans durant avant d'être remis en pleine lumière par Pauwels et Bergier dans le "Matin des magiciens". Alors... Vulcain/Hélios Chevalier d'Héliopolis à la barbe blanche: que tu aies existé ou non, que tu aies réalisé ou pas la transmutation à Sarcelles, que tu fasses une cure de jouvence à Florence en buvant des mojitos, un joli squelette sous un mètre de terre ou ne vive que dans nos imaginations... je te salue et te laisse le mot de la fin, celui qui clôt le troisième livre "Finis Gloriae Mundi" jamais publié qui augure peut-être des temps sombres mais fixe le cap d'une alchimie possible              
               Savoir - Pouvoir - Oser - Se taire

lundi 25 juin 2018

LE FEU DE LA SAINT - JEAN


Les jours raccourcissent déjà quand le 24 juin on fête Jean le Baptiste. Le solstice est passé mais les feux s'allument dans les campagnes, les flammes montent vers les cieux, les jeunes gens dansent, tournent, se reniflent, s'adoubent, se défient, sautent par dessus les braises. On célèbre l'été, le soleil, la fertilité, l'amour, la purification. Cette fête antique, primitive, païenne, orientale, celtique, germanique, slave a été récupéré par le christianisme qui a imposé le cousin du Christ face à Tammuz ou Ivan Kupalo (comme le Nazaréen a supplanté Mithra ou Sol Invictus lors du solstice d'hiver). Il n'y avait pas grand monde ce samedi soir sur la place du petit village  - Suis je parti trop tôt ? je n'ai vu aucun jeune mâle sauter le tertre enflammé: trop de fête dans chaque village, trop de foot, trop de télé... mais par miracle, du doigt de feu s'envolaient encore quelques incantations magiques.

mercredi 20 juin 2018

BUSTER.K


A travers une vingtaine de petites pépites muettes  en noir et blanc "L'homme qui ne riait jamais " dévoile l'étendue de son talent comique au cours des années 20. Dans Le mécano de la "Général", Cadet d'eau douce, Sherlok junior, L'opérateur... Buster Keaton impose son personnage introverti mais téméraire en quête d'amour. En 1928 il passe outre les mises en garde de Chaplin et signe un contrat d'exclusivité avec la MGM, qui lui impose ses vues. Il ne fera plus rien de bon et finira dépressif et alcoolique. Moralité - Moralité !!? Hummm!  Vous devriez trouver tout seuls....

samedi 2 juin 2018

PECH MERLE


...soit une "grande colline" quelque part dans le Lot. Dans ses entrailles une grotte ornée par les hommes il y a 24000 ans. A l'occasion d'une visite demandez vous à quel évènement historique vous aimeriez assister grâce à une machine à remonter le temps. Derrière un pilier, dans une alcôve, sur un champ de bataille... quel mystère mériterait d'être levé? Dans un premier temps, si une certaine résurrection vieille de 2000 ans pourrait m'intriguer... dans un second je me faufilerai derrière l'artiste venu appliquer l'oxyde de manganèse et le charbon de bois pour donner vie aux mammouths de la frise noire, aux deux chevaux pommelés et apposer sur la paroi une main de couleur. Hommage aux divinités, aux animaux, à la fertilité, à l'abondance ? Assistance nombreuse ou travail solitaire, torches à profusion, hommes, femmes, enfants, atmosphère sacrée, message au ciel, aux morts? Je ne me fais pas d'illusion... La signification m'échapperait - Au mieux pourrais-je m'imprégner du moment, caché derrière une concrétion au fond de la grotte de Pech Merle quelque part dans le Lot. 


samedi 26 mai 2018

SOUS LE PONT VALENTRÉ...



... coule le Lot, tout juste perturbé par l' écluse à ses pieds et le déversoir en aval. Le génie humain est sans limite. Du haut de ses 40 mètres le Valentré enjambe et domine la contrainte. Ailleurs dans le Sud et dans le temps: Garabit, Millau, le pont du Gard, les multiples "Pont du Diable" relient les hommes et les rives de l'esprit par le contact, la technique et l'intelligence. A son achèvement en 1378 le nouvel axe Est-Ouest crée par cet ouvrage militaire jamais attaqué, perturbe l'axe commercial traditionnel Nord-Sud  de Cahors. 
- Quelques chiffres: 168 mètres de long, six arches en ogives gothiques,  un tablier en dos d'âne, trois tours carrées crénelées. 
- Une légende: un architecte, un chantier interminable 70ans...diable ! oui, je suis là ! un pacte, une ruse....
- Une question: le génie humain est-il celui du Diable ?


jeudi 24 mai 2018

CAHIN-CAHORS


Les villes sont des femmes. Froides, fermées, altières, compliquées - parfois... Lumineuses, charmantes, ouvertes, généreuses - souvent ! ou tout simplement belles comme une évidence. Cahors est de celles-là.  Le bras du Lot et les collines enserrent ce sein naturel, arrimé à l'autre rive par les ponts. En pierre et royal dans l'axe,  en fer et ferroviaire parallèlement,  diabolique et "valentréen" à angle droit. Un boulevard (à l'emplacement des anciens remparts) planté et ponctué de bâtiments officiels sépare vieille ville et ville récente. En pente, ponctué de bâtiments officiels, de statues il oriente le visiteur entre gauche et droite, Nord et Sud, entre vie et mort (le cimetière est en haut, l'eau est en bas). Gambetta, doigt dressé fait le reste. Ici le militaire côtoie le civil - Là le religieux tolère le profane. Entre halle et cathédrale esprit et ventre se reniflent. Les commerces choisissent leur camp. Les populations aussi... SDF au plus bas vers le supermarché des pauvres, jeunes sur le boulevard dans les brasseries; touristes dans les restaurants ou bouquinistes de la  ville historique. Flirtez avec Cahors, main dans la main, à pied, à vélo, sur les quais, les ruelles étroites et les mails... Montez sur  le Saint-Cyr et vous la contemplerez... mieux encore, vous la comprendrez toute nue.

dimanche 20 mai 2018

#LIVRES&VOUS



Depuis le 8 janvier 2018 Adèle Van Reeth (ancienne de Canal+ et productrice des Chemins de la philosophie sur France Culture) remplace Elkabbach "l'Ancien" et son émission Bibliothèque Médicis (celle du Sénat). Même lieu, même enfilade de livres ordonnés dans une perspective solaire d'ordre, de pouvoir et de savoir pour une émission un tantinet revisitée... Une heure/deux invités et une immersion dans l'écriture et l'âme de ceux qui l'aiment et la pratiquent. Hier- Sylvain Tesson et Etienne Klein. Un autre soir - André Comte Sponville , Besancenot, Sarkozy (pas le même soir !) Claire Chazal.... Dans "Livres & Vous" l'alchimie opère. C'est intelligent, sobre, un poil guindé - Bukowski est mort ! Une grande femme stylée, un beau lieu, des invités valorisés pour une dégustation en direct (ou en replay) le vendredi soir à 22 heures sur Public Sénat.

lundi 7 mai 2018

HOSTILES




Le western se renouvelle sans cesse. On le croit mort et il se "spaghettise", "s'écologise", se "thrillérise"...bref se réinvente.
Ainsi, sorti de sa réserve le peau rouge sanguinaire en perruque et fond de teint du Technicolor redevient un homme, un Cheyenne, un Sioux, Pawnee ou Mohican. Il danse avec les loups, cite du William Blake (Dead man), soigne et transporte un blessé blanc (The Revenant). Dans "Hostiles" Scott Cooper filme l'Ouest américain ultra violent, l'âpreté des hommes, leur bêtise, la prise de conscience chez ces êtres simples de leurs crimes, et leur possible rédemption. Ce long "horse-movie" nous emmène à travers le tumulte intérieur d'un vieux militaire tueur d'indiens (Christian Bale) jusqu'au Montana et jusqu'au pardon entre ennemis jurés. Silhouettes de cavaliers fantômes se découpant sur des cieux crépusculaires nous escortons le vieux chef Faucon Jaune malade (Wes Studi) au fil des lignes de crêtes aiguisées. On tue à tour de bras, on scalpe, on s'apprivoise et on s'aime. La mort est partout - la vie aussi... jusqu'à la plateforme arrière d'un train au départ. Fixe comme le passé que l'on effacera pas - en mouvement comme un futur que l'on peut toujours écrire.