lundi 4 mai 2020

A VAVA INOUVA


Un chanteur, une chanson peuvent emporter vos vingt ans dans la tombe. Idir (de son vrai Hamid Cheriet) et son chant berbère "A Vava Inouva" sont de ceux-là. Mes vingt ans se sont envolés du côté du Djurdjura, dans les rues en pente de Tizi-Ouzou, d' Ain El Hamman, de Fort National, s'accrochant à l'écorce des cèdres de Lalla Khedidja, des chênes liège plongeant dans les eaux d'Azeffoun, dans les yeux d'Ulysse et le ventre des sirènes de Tigzirt. Quel sentiment de liberté en arrivant à Alger au début des années 80. La coopération offrait alors cette incroyable chance.  Quelques années plus tard, le passage à l'âge adulte était consommé. En France Mitterrand avait tué le socialisme, en Algérie nos amis kabyles s'inquiétaient des barbus, la décennie noire se préparait, Sabine et Balavoine s'écrasaient du côté de Bamako. Je n'ai pas eu 20 ans dans les Aurès, mais 25 en Kabylie. C'est si loin...
"Je t'en prie père Inouva, ouvre-moi ta porte / Txilek elti yi n taburt a Vava Inouva / O fille Griba fais tinter tes bracelets Ccencen tizeggàtin-im a yelli Griba / je crains l'ogre de la forêt..."