dimanche 20 octobre 2019

LE VIDE

Faire le vide. Trier, jeter, donner, vendre... est une opération salutaire dans une maison et une vie. Au fil des ans, des décennies... les objets, bouquins devenus poussiéreux, invisibles, le matériel, les vêtements, les  dossiers  se sont accumulés dans les armoires, sur les étagères, dans  les pièces. Le regard est arrêté. La mémoire encombrée, noyée dans un mur...
-Inutile et  superflu. 
-Respiration. 
L'exercice est dévoreur de temps, fatigant, indispensable.
Vous n'emporterez rien. Que vos souvenirs affublés de quelques sourires ou rictus.
Essentiel substrat
-L'espace.
Avant le grand saut dans le vide et dans le temps. 





samedi 12 octobre 2019

UNE RENCONTRE IMPROBABLE


La vie, son charme, ses surprises. Il y a quelques jours au bord de la route un être étrangement accoutré tend le pouce. Je m'arrête. 
-Vous passez par le col de L...?   
-Oui, Montez.
Un jeune homme élancé prend place dans la voiture. Look d'enfer ! Barbichette, chapeau de feutre, canne torsadée, baluchon cylindrique, pendentifs interminables à l' oreille. Je le félicite. Il me remercie.
-Mais, vous êtes compagnon ?
-Oui, Monsieur... Je viens  faire un chantier par ici. 
Il m'explique le pacte des trois ans et un jour sans revenir dans sa famille, le tour de France et d'Europe, l'obligation de se déplacer sans payer, sans portable, son engagement dans une guilde de compagnons allemands, la difficulté de se poser et de faire sa vie, son décalage avec le reste de la société, le plaisir de parler français... Pourtant il est français ! Le trajet passe le temps d'un songe. Le col de L... nous rattrape et nous sépare. Un salut cordial, mon passager, un des 500 compagnons allemands en pantalon  noir à pont, gilet et veste côtelé, boutons de nacre s'éloigne. Il m'a dit son nom de sociétaire "wandergesellen honnête charpentier et couvreur" mais en allemand... je n'ai pas retenu. J'aime les rencontres improbables, la vie, son charme, ses surprises. 

vendredi 4 octobre 2019

LAUDATO SI'


"Loué sois-tu" - Dans une longue et personnelle encyclique de 2015  le pape François tutoie Dieu et adresse  aux humains un réquisitoire contre leur modèle économique basé sur la cupidité, l'inégalité, la spéculation, le gaspillage, l'épuisement des ressources, le déni, le cynisme. Celui ci dégrade vivants et environnement, pollue, provoque guerres et malheurs, avilit et déréglant le climat - bien commun de tous  conduit à l'auto-destruction. Il le fait sur les pas de Saint François  "Le-très-bas"  environné d'oiseaux. Mais il n'y a plus d'oiseaux. Ce pape là invite hommes et femmes de tous horizons et confessions  à repenser une nouvelle solidarité universelle, pour réparer les dommages causés par les abus à l'encontre de la maison de Dieu. Dans sa foi, il l'appelle ainsi... Cela le regarde. Appelons la maison des hommes et nous serons d'accord. Les mots ne sont que des fantômes prêts à disparaitre. Ceux d'un autre J.C parti ces jours ci s'envolent... "La maison (continue de) brûler et nous regardons (toujours) ailleurs."  Lisons, relisons cet appel  loin des idées préconçues et des dogmes. Je ne suis pas sûr que les puissants de ce monde apprécient beaucoup cette bombe venue de Rome...